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Cryptoprocta ferox

Lundi 15 avril 2013

Un nom qui flaire bon les films gores italiens du début des années 80.

Même si cet animal, dont le nom vernaculaire est fossa, peut se montrer très mignon :

Alors… voyons voir, il doit bien y avoir des trucs bizarres à raconter sur cette bestiole.

Bon déjà il y a son apparence, il ressemble un peu à la fusion d’un puma et d’une loutre, au premier coup d’œil on a du mal à le placer dans l’arbre de l’évolution. D’ailleurs même les spécialistes se sont longtemps creusés la tête pour savoir d’où sortais cette créature.

En effet il faut savoir que sa lignée évolutive s’est séparée des autres carnivores il y a environ 20 millions d’années avec d’autres espèces regroupées dans la famille des Eupleridae; qui correspond en fait aux espèces de carnivores endémiques de Madagascar; et qui forment ce que l’on appelle un clade.

Redoutable chasseur solitaire, efficace aussi bien dans les arbres qu’au sol, son régime alimentaire est essentiellement composé de lémuriens, mais aussi de mammifères insectivores ou de rongeurs.

Bon, maintenant passons aux choses sérieuses, pour attirer des lecteurs on va parler un peu de sexe, ça vous va ?

Le pénis du fossa est en effet un peu particulier, déjà il est tellement long que l’extrémité peut arriver jusqu’entre les pattes avant. Sachant qu’un adulte mesure environ 75cm sans la queue, on imagine aisément la taille de l’engin. Ensuite, il y a un os dedans, oui oui, d’ailleurs ça s’appelle un baculum. Le gland qui fait environ la moitié de la longueur totale du phallus est recouvert de pointes. En bref ces bestioles se baladent avec une putain de morgenstern entre les jambes. Mais ce n’est pas tout ! Les jeunes femelles possèdent un clitoris de même forme et taille que le pénis des mâles, avec tout le matos qui va avec, l’os clitoridien, le gland clouté etc…

Beaucoup moins mignon l’animal hein ?

Leur parade nuptiale, est assez inédite dans le monde des carnivores.

La femelle se choisit un bon arbre bien classe, avec des grosses branches horizontales et solides, auquel elle reviendra à chaque période d’accouplement.

Elle se cale tranquille dessus comme une princesse disney en haut de son donjon. Jusqu’à huit mâles vont venir se disputer ses faveurs en trainant autour, criant, grognant, se menaçant les uns les autres; bref en faisant les kékés.

Lorsque la femelle s’en est trouvé un à son goût, elle s’accouplera avec lui, perchés dans l’arbre jusqu’à 4 fois d’affilée jusqu’à un temps total d’accouplement pouvant atteindre 14 heures. Elle reviendra à cet arbre pendant une période pouvant aller jusqu’à une semaine pour s’accoupler avec d’autres mâles.

Pendant toute la période de rut, les mâles comme les femelles sécrètent une substance rouge qui donne une couleur orangée à leur ventre.

L’espèce as été décrite pour la première fois par le zoologiste britannique Edward Turner Bennett en 1833 grâce à des échantillons et observations envoyées par Charles Telfair un naturalise irlandais.

Et pour finir, la traditionnelle petite vidéo :